Oui n’allez pas croire que je suis un chat modèle, moi Pouf ! Non
j’arrive parfois à énerver le patron qui est pourtant, à mon égard, d’une patience
et d’une bienveillance rares.
Je vous ai parlé d’un inconfort certain concernant l’aménagement d’une voie
d’accès, pour moi, entre le dedans de la maison et le dehors. Aussi, comme les
travaux n’avancent pas, plusieurs fois dans la soirée, je me poste au bord de
la baie vitrée du patron pour implorer l’ouverture de la porte. Je cherche à
être convaincant par mes mimiques et parfois par quelques faibles miaulements.
La plupart du temps, il se laisse attendrir, le patron et se dérange pour me
faire rentrer. Mais souvent, il rouspète et me maudit surtout quand la
scène se répète plusieurs fois à intervalles réduits et il m’arrive d’être
contraint à abandonner la partie et d’aller me faire voir nulle part puisqu’il
fait nuit.
Je prends ma revanche quand il cherche à me taquiner en me malmenant sous
prétexte de me caresser « activement ». Je n’abandonne jamais la
partie et arrive le griffer ou lui planter, sans exagérer, mes dents acérées dans
la main. C’est ainsi qu’il ternit ma réputation en me traitant de chat sauvage. Pourtant je ne fais guère d’exploits, en
acrobatie je suis un peu lourd et ne tiens pas à rivaliser avec le chat de Yaël
qui, plus jeune certes, est d’une adresse spectaculaire.
Sivi et le chat de Yaël à Montlaux
Aldom est un garçon très original. Grand père peut être, il en existe de
très jeunes, il est entré dans la famille depuis une dizaine d’années environ.
Ses connaissances sont étonnantes dans tous les domaines. Il est attentif,
chaleureux, plein de qualités dont celle d’être un fin cuisinier. C’est un
perfectionniste, il saura prendre le temps de réaliser et fignoler le projet
qu’il a entrepris.
Son sens de la musique, sa jolie voix de ténor baryton le fait apprécier
plus peut être que l’écouter parler sans discontinuer sur un sujet dont il perd
facilement le fil.
Je l’ai vu arriver dernièrement à la maison, la tête couverte d’un superbe
chapeau qui lui donnait l’allure d’un brave paysan venant directement du fin
fond de la Corrèze. Il a passé un moment et a poursuivi son programme pour
rejoindre St Raphaël. La soirée n’était pas terminée que je recevais un SMS me
demandant de rechercher activement son chapeau qu’il ne retrouvait pas. Le
supposant très inquiet je me suis exécuté examinant partout où avait pu disparaitre
cet attribut perdu. Désolé de ne rien trouver, je lui réponds que compatissant
à son chagrin je ne pouvais pas le consoler. J’ai osé lui suggérer de bien
regarder dans sa voiture, ce qu’il a fait plusieurs fois parait il avec le soin
dont il a l’habitude. Je ne sais pas s’il a alerté son entourage ou la police
et s’il a bien dormi mais il a du passer son week end en se passant du chapeau.
Il est rentré navré. C’est seulement ce matin, trois jours après la disparition
que, quittant la place du conducteur de la voiture pour s’asseoir en tant que
passager, il ressent une gène au niveau de la tête. C’était son chapeau qui
était resté accroché sur l’appui tête …
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